Nefesh , être-au-large

Le mot "âme" en hébreu : nefesh, du verbe nafash, "être au large", "souffler", "se reposer". Peut-être que la première fois qu'un Hébreu avait ressenti cet espace intérieur agrandi, cet "être-au-large" dans le souffle, il avait dit : nefesh. Ame.

08 novembre 2008

Veillée de la résurrection

Image d’une personne portant un sac a dos lourd du fardeau de la vie

Puis image du kangourou bondissant avec sa poche devant

Mat 25,14-29

14 Il en sera comme d`un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens.
15 Il donna cinq talents à l`un, deux à l`autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit.
16 Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s`en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents.
17 De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres.
18 Celui qui n`en avait reçu qu`un alla faire un creux dans la terre, et cacha l`argent de son maître.
19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte.
20 Celui qui avait reçu les cinq talents s`approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit: Seigneur, tu m`as remis cinq talents; voici, j`en ai gagné cinq autres.
21 Son maître lui dit: C`est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.
22 Celui qui avait reçu les deux talents s`approcha aussi, et il dit: Seigneur, tu m`as remis deux talents; voici, j`en ai gagné deux autres.
23 Son maître lui dit: C`est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.
24 Celui qui n`avait reçu qu`un talent s`approcha ensuite, et il dit: Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n`as pas semé, et qui amasses où tu n`as pas vanné;
25 j`ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi.
26 Son maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n`ai pas semé, et que j`amasse où je n`ai pas vanné;
27 il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j`aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt.
28 Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.
29 Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l`abondance, mais à celui qui n`a pas on ôtera même ce qu`il a.

Rom 12,1-3

1 Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable.
2 Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l`intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.
3 Par la grâce qui m`a été donnée, je dis à chacun de vous de n`avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun.



Tous les croyants ont à se méfier ; chacun de nous peut se donner bonne conscience parce qu’il croit en Jésus ; mais nous avons à nous interroger sur notre fidélité à le suivre, lui, le Seigneur qui a voulu vivre en serviteur.

C’est de cette fidélité que nous aurons à rendre compte, nous qui avons le privilège de connaître l’Evangile ; nous contentons-nous de profiter de cette lumière et de jouir de l’espérance qu’elle nous ouvre et de la paix qu’elle nous donne ? Ou bien cherchons-nous à partager cette paix et cette espérance, en servant ceux qui en manquent, avec un amour qui leur révèle celui de notre sauveur et de son Père ?

                        Marc-François Lacan

 

Veillée de la Resurrection 25 oct

Le Seigneur est bon ; il est une forteresse au jour de la détresse, et il connaît ceux qui se confient en lui.

                                                                                             Nahoum 1,7

         

Des soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis du deuxième des condamnés que l'on avait crucifiés avec Jésus.
  Quand ils arrivèrent à celui-ci, voyant qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau.
Celui qui a vu rend témoignage, afin que vous croyiez vous aussi. (Son témoignage est véridique et le Seigneur sait qu'il dit vrai.)
Tout cela est arrivé afin que cette parole de l'Écriture s'accomplisse : Aucun de ses os ne sera brisé.
  Et un autre passage dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé.

                                                                               (Jn 19, 31-37)

Or, au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; et tous ceux qui l'entendaient étaient ravis de son intelligence et de ses réponses.

En le voyant, ils furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois, ton père et moi, nous te cherchions tout affligés. »

Et il leur répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu'il me faut être dans les choses de mon Père ? »

                            (Lc 2, 41-50)

 

  Bien sûr, Dieu nous a créés dans notre petitesse, dans notre finitude, dans notre condition de créatures. Mais il nous crée en nous appelant par sa grâce à grandir vers lui. Il voulait que cette croissance se fasse à tavers toute une économie où notre liberté serait conduite selon la pédagogie de son amour. Cela ne pouvait se faire que progressivement et par des seuils, c'est-à-dire par des sortes de mort à soi-même, non pas par rapport à un péché qui n'aurait pas eu lieu, mais mort aux limites propres à des créatures. Un peu comme la Vierge Marie qui a été grâciée de tout péché dès sa conception, a eu cependant à grandir dans la foi à la suite de son Fils. Il y a des choses qu'elle n'a pas conprises et qu'elle a dû accepter. Il y a dans le cheminement de la Vierge Marie comme un reflet de ce qu'aurait été le cheminement des libertés humaines hors du péché, dans leur nécessaire croissance jusqu'à pouvoir manger le fruit d'immortalité de l'arbre de Vie ; mais dans ce chemin il n'était nullemnt nécessaire de passer par le fruit amer de l'arbre de la Connaissnace du Bien et du Mal.

                                                                   

                           Jean Miguel Garrigues    

Voici que S. Pierre apporte un élement nouveau. Le Christ discerné avant la fondation du monde a pour lui la figure de l'Agneau : il est " l'Agneau sans reproche et sans tache ". C'est une allusion à une des exigences légales concernant l'Agneau pascal, il fallait qu'il soit sans reproche, c'est-à-dire qu'il ne soit pas une bête malade ou tarée par une malformation quelconque ; il fallait qu'il soit sans tache, c'est-à-dire qu'il soit entièrement blanc. Les Lévites devaient bien examiner les bêtes que les hommes d'Israël apportaient au temple de Jérusalem au moment de l'immolation des agneaux. Celle-ci eut lieu, semble-t-il, l'année de la mort du Christ, le Vendredi-Saint, le jour de la Préparation de la Pâque, comme dit S. Jean, vers l'heure où Jésus expirait sur la croix. C'était à ce moment là qu'étaient sacrifiés les agneaux qui allaient être mangés au soir de la pâque, c'est-à-dire le vendredi soir. Il semble bien que Jésus a anticipé la célébration du repas pascal juif avec ses Apôtres, justement parce que le lendemain, le Vendredi-Saint, il allait l'accomplir véritablement en lui et que c'est donc au moment où l'on immolait ces agneaux que l'Agneau par excellence a été immolé. Et pendant que Jésus expirait sur la croix les prêtres immolaient les agneaux au chant du Psaume 135 dont le refrain dit : " car éternel est son amour " pour louer la fidélité de Dieu.

Si maintenant l'on tient compte du fait que Pierre dit que " cet Agneau sans reproche et sans tache, c'est le Christ discerné dés avant la fondation du monde ", alors cet Agneau n'est rien d'autre que le dessien du coeur de Dieu. S. Jean a rapproché deux texes apparemment trés lointains, le texte du rituel de l'Exode à propos de l'Agneau Pascal que l'on mangeait le soir de la Pâque dont il était demandé que les os ne soient pas brisés, et un texte du prophète Zacharie qui parle d'un mystérieux " transpercé " qui approfondit le thème du Serviteur Souffrant et qui semble bien être Dieu lui même : " Ils regarderont vers moi, celui qu'ils ont transpercé " (Za. 12, 10) dit Dieu. Il y a là comme une assimilation entre le Transpercé, le Serviteur Souffrant (Is.53,5), et Dieu lui même qui sera transpercé en lui. S. Jean en

voyant que le Christ n'avait pas les jambes brisées, comme les deux autres larrons et comme c'était la coutume pour les condamnés au supplice de la croix, puisqu'il était déjà mort, mais qu'il avait le côté transpercé, fit le lien entre ces deux textes apparemment très loitains. Il n'a pas eu les os brisés donc c'est l'Agneau, et l'Agneau signifie donc aussi le Mystère de l'amour de Dieu en tant qu'il peut recevoir la contradiction la plus radicale de la part du péché.

L'Agneau Pascal qu'est le Christ n'a pas eu les os brisés. pour S. Jean cela manifeste un lien certain avec la résurrection et avec le mystère de la divinité du Christ. C'est le Fils de Dieu dans le Christ qui est transpercé jusqu'au coeur, jusqu'au centre même de son dessein d'amour divin puisque le dessein a été conçu dans le coeur de Dieu. " Les desseins de son coeur sont d'âge en âge " (Ps.33,11) .

  S. jean voit une différence entre les deux suppliciés dont on brise les jambes et le Christ transpercé par la lance et cependant dont les os ne sont pas brisés. Comme si la blessure la plus radicale de l'amour de Dieu exigeait d'aller de pair avec l'immutabilité de son être : " quand vous aurez élevé le fils de l'homme, vous saurez que Je Suis " (Jn.8,28)

En exprimant le Mystère du desseins de Dieu dans la figure de l'Agneau S. Pierre manifeste l'innocence totale de Dieu dont l'amour est sans reproche et sans tache, ne comportant pas la moindre compromission avec le mal, la moindre considération, prise en compte, commerce ou compromis avec ce que nous appelons le mal. Dieu n'a rien à voir avec le mal dont l'origine est uniquemnt dans la liberté de l'homme ou de l'ange quand ils disent non à Dieu.

                                                      

                           Jean Miguel Garrigues

   
  Benoit-joseph :

 

Veillée de la Resurrection 4 oct

L'esprit de l'Éternel parle par moi, Et sa parole est sur ma langue.

Le Dieu d'Israël a parlé, Le rocher d'Israël m'a dit: Celui qui règne parmi les hommes avec justice, Celui qui règne dans la crainte de Dieu,

Est pareil à la lumière du matin, quand le soleil brille Et que la matinée est sans nuages; Ses rayons après la pluie font sortir de terre la verdure.

N'en est-il pas ainsi de ma maison devant Dieu, Puisqu'il a fait avec moi une alliance éternelle, En tous points bien réglée et offrant pleine sécurité?

Ne fera-t-il pas germer tout mon salut et tous mes désirs?

2 Samuel 23 (2-5)

Un conte esquimau explique ainsi l'origine de la lumière : "Le corbeau qui dans la nuit éternelle ne pouvait pas trouver de nourriture, désira la lumière, et la terre s'èclaira."

Le désir, orienté vers Dieu, est la seule force capable de faire monter l'âme. Ou plutôt c'est Dieu seul qui vient saisir l'âme et la lève, mais le désir seul oblige Dieu à descendre. Il ne vient qu'à ceux qui lui demandent de venir ; et ceux qui demandent souvent, longtemps, ardemment, il ne peut pas s'empêcher de descendre vers eux.

Pour qu'il y ait désir, il faut qu'il y ait plaisir et joie.

Simone Weil

" Soyez enracinés dans l'amour, afin d'être capables de saisir ce que sont, la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur, et de connaître ce qui passe toute connaissance, l'amour du Christ." Saint Paul

                                                                                 

 

Par-dessus l'infinité de l'espace et du temps, l'amour infiniment plus infini de Dieu vient nous saisir. Il vient à son heure. Nous avons le pouvoir de consentir à l'accueillir ou de refuser. Si nous restons sourds il revient et revient encore comme un mendiant, mais aussi, comme un mendiant, un jour ne revient plus. Si nous consentons, Dieu met en nous une petite graine et s'en va. A partir de ce moment, Dieu n'a plus rien à faire ni nous non plus, sinon attendre. nous devons seulement ne pas regretter le consentement que nous avons accordé, le oui nuptial.

                                                                             Simone Weil     

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